|
|||||||||||||||||||||
|
Jeudi 28 Août 2008 |
|||||||||||||||||||||
|
LE « MAUVAIS » BON GARCON
Luc 15 : 11 - 24
Ce texte bien connu est très mal apprécié au point qu’on ne lui trouve plus rien d’anormal ou de paradoxal. Pourquoi avons-nous choisi un texte si banal pour commencer une semaine de prière intitulée : « Les surprises de la grâce » ! Aujourd’hui cette histoire, est l’une des mieux connues de la Bible. Mais elle a certainement choqué ses premiers auditeurs et lecteurs. En la racontant, Jésus a révolutionné la pensée de l’époque et a rendu furieux les gens religieux de son temps. Nous commençons par cette histoire, car nous sommes convaincus qu’aujourd’hui encore elle peut révolutionner la pensée des chrétiens. Pour cela, cherchons à la lire comme si elle émanait directement de la bouche de Jésus. La première partie de la parabole se présente comme une pièce de théâtre en plusieurs actes. Acte 1 : La révolte Aimez-vous les films dont la fin est inattendue ? Mais que penser d’un début inattendu ? Qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ? Cette histoire commence d’une façon très inhabituelle. Il est d’ailleurs étonnant que ce soit le plus jeune qui parle le premier. Dans la culture de cette époque, les jeunes sont en général les derniers à prendre la parole. Remarquons, par exemple, chez les amis de Job, c’est le plus jeune, Elihou, qui intervient le dernier ; après que les plus âgés se soient exprimés. Ainsi, dans un récit traditionnel, les jeunes parlent les derniers. Mais ici c’est un jeune « non conventionnel », un rebelle désireux de briser la tradition, de changer l’ordre dans la société et d’imposer ses idées. L’autre élément choquant dans ce récit est que ce jeune demande sa part de l’héritage. Cela peut nous paraître sans importance aujourd’hui. Qu’y – a-t-il de mal à demander ce qui nous revient ? A cette époque une telle demande, c’est à dire prendre possession de l’héritage du vivant du père, était inacceptable. Il était possible de partager l’héritage lorsque le père était mourant ou s’il se remariait, afin de protéger les enfants du premier lit. Même dans ce cas, les fils n’avaient le droit de jouir de l’héritage qu’après la mort du père. Comprenez-vous qu’ici nous avons affaire à un drame familial inhabituel ? Le fils est non seulement impatient de posséder et de gérer l’héritage, mais il rejette son père. Il semble dire : « Papa, pour moi tu es déjà mort, tu n’existes plus, je me fiche de toi, tout ce qui m’intéresse, c’est ton fric. » Cette histoire sonne très actuelle ! Voici un homme qui ne veut rien avoir affaire avec Dieu, mais il veut jouir de tout ce que Dieu possède. Il s’exprime ainsi « Pour moi Dieu est mort. Je suis le maître. Je ne veux personne au-dessus de moi. » La chose la plus étonnante dans le premier acte de cette histoire non traditionnelle est l’attitude du père. Il ne dit rien, bien que son opinion fût la plus importante dans la famille, elle avait valeur de loi. Une autre surprise est que le père répond favorablement au désir de son fils. Les auditeurs de Jésus pouvaient éventuellement accepter le silence du père insulté et offensé. Mais que le père donne ce que le fils demande, c’en était trop. Cela signifiait non seulement qu’il bafouait la dignité paternelle, mais aussi qu’il foulait aux pieds les traditions de la société. Ainsi Jésus montre que la grâce de Dieu n’a pas de limites. Dieu dans sa générosité, son affection et son amour de la liberté, est prêt à tout nous accorder. Il est prêt à ignorer ses sentiments de père. Incroyable ! Un autre point étrange dans ce récit est le silence du fils aîné. On ne doit pas exagérer ce fait, mais on ne peut tout de même pas l’ignorer. Que signifie ce silence ? Pourquoi ce fils ne réagit-il pas ? Il n’est cependant pas indifférent à ce qui se passe, parce que cela le concerne personnellement. L’histoire nous dit que le père avait partagé son bien entre les deux fils. Ce qui signifie que l’aîné avait droit à sa part d’héritage. Cela sous entend t- il qu’il aurait accepté la situation sans résister. N’est-il pas secrètement heureux de ce qui se passe ? N’a-t-il pas rêvé de la même chose ? N’est-il pas aussi un rebelle, mais qui ne s’exprime pas ? Bien des gens, dans leur cœur, se révoltent contre Dieu, mais ne l’extériorisent pas. Quelque chose les retient. Cela peut être leur éducation religieuse ou la peur. Ces derniers portent le masque de la religiosité, mais dans leur cœur demeurent des rebelles. Dans ce récit non seulement le fils se révolte mais il s’éloigne aussi de son père. Acte 2 : L’éloignement Le fils cadet se rend dans un pays lointain. Pourquoi une séparation si radicale ? Il aurait pu louer une maison dans le quartier. En effet, ce n’est pas uniquement dépenser l’argent de son père qui l’intéresse. Mais il veut aussi se séparer de lui et être à mille lieux de tout ce qui lui rappelle ses origines. A présent, il se trouve loin de son passé, loin de tout contrôle, loin de ses racines, de ses principes, loin de sa moralité. Que devient-il là-bas ? Tout d’abord il mène une vie débridée. Il dilapide tout ce qu’il possède. Mais il a vite fait de revenir à la réalité. Loin de toute interdiction, il découvre qu’il est incapable de maîtriser la situation. A aucun moment il n’a pensé vivre une telle situation. Il n’a pas cru que sa vie allait prendre un tel tournant. Le voilà sans un sou, sans un toit. Que faire maintenant ? Vers qui se tourner ? Pensons nous à l’échec lorsque nous sommes jeune, plein d’énergie, la tête remplie de rêves et de projets ? Au contraire nous rêvons de devenir riche, d’avoir du pouvoir et d’être heureux. A la place de cela, le voilà ruiné ! C’est terrible de sentir votre vie filer entre vos doigts. Lorsqu’un jeune est près de Dieu sa vie est harmonieuse et ordonnée. Il sent capable de faire face aux difficultés. Mais quand il s’en éloigne, il perd tout contrôle de lui-même. La seconde conséquence de son l’éloignement est une brusque dégradation de sa condition matérielle aboutissant directement à la misère. Pendant qu’il avait de l’argent, il pouvait s’amuser avec ses amis, filles et garçons. On recherchait sa présence et il était respecté. Maintenant il est fauché. Il se trouve dans une extrême pauvreté, situation qu’il n’a jamais connue auparavant. Dans la maison de son père, c’était l’abondance. Il n’avait aucune idée de ce que pouvait signifier être pauvre. Maintenant il est un « vagabond ». Quelle souffrance ! Pensez au vide que l’on ressent quand on s’éloigne de Dieu. Tout à coup on s’aperçoit de l’immense manque que rien ni personne ne peut combler. Rien ne nous satisfait. Mais la pauvreté n’est pas la conséquence la plus grave de cet éloignement. En plus de son argent le fils perd quelque chose de plus précieux encore : sa dignité. Dans ce récit, Jésus fait ressortir les extrêmes. Un juif devient l’employé d’un païen, mais pas de n’importe quel païen. Il devient l’employé d’un éleveur de cochons. C’est impensable, quand on sait que le cochon est un animal impur et répugnant pour les Juifs. Dans la Mishna il est écrit: « A la venue du Messie, les cochons qui sont l’habitation naturelle des démons, devront se cacher et les éleveurs de porcs risqueront la mort. » Notre héro a touché le fond du gouffre, il ne peut tomber plus bas. Il ne lui reste d’autre choix que de s’humilier ou de mourir de faim. Il perd le peu de dignité qui lui reste. Et pour aggraver sa tragédie, le patron se moque de lui, en lui interdisant de manger la nourriture des porcs. Il vaut moins qu’une bête. La pire de tout c’est la perte de sa dignité, de son identité et de ses principes. Quand on en arrive là, on ne sait plus qui on est et pourquoi on vit. Lorsque vous perdez de l’argent ou un travail, il vous reste encore votre honneur. Mais lorsque vous perdez ce dernier, vous n’êtes plus rien. Entrons dans l’acte suivant de l’histoire. En atteignant le fond du gouffre, on est forcé d’admettre qu’on est perdu. Et le fils prodigue rentre en lui-même. Nous appellerons cet acte : rentrer en soi-même. Acte 3 : Rentrer en soi - même La dure réalité à laquelle il doit faire face le rend conscient de son état et une image lui revient souvent à l’esprit, celle de cet endroit même qu’il a fuit sans aucun regard en arrière. C’est le lieu même ou les serviteurs mangent en abondance. Puis, devant son esprit se présente une image. Une image dont il a voulu s’échapper de toutes ses forces : celle de la maison de son père. A cet instant précis le fils reconnaît sa culpabilité. C’est maintenant seulement qu’il admet avoir mal agi et il décide de renter à la maison. Mais à quoi rime ce retour sur soi-même ? Est-ce une repentance ? Jusqu’à quel point ? Si toutes les routes, sauf une, sont bloquées, reste-t-il encore un choix ? Quelle est la valeur de sa repentance en ce moment ? Quelles sont ses intentions ? Il se peut que ces questions vous préoccupent où peut-être avez vous toujours considéré cet acte comme celui de la grande repentance. Mais le retour entier sur soi-même et la repentance complète apparaîtront plus loin dans le récit. Il n’y a aucun doute sur la réalité de ses sentiments, sur le fait que son chagrin et sa douleur sont énormes et que son désir de changer est sincère. Mais considérez pour un instant son plan : il veut retourner à la maison de son père et devenir un simple employé. Cela signifie travailler, recevoir un salaire, mais ne pas habiter dans la maison paternelle, parce que les employés n’habitaient pas dans la même maison que le maître. Son plan est de regagner son statut social. Il travaillera, il réparera les dommages causés à son père, et il gardera son indépendance. Apparemment il n’espère pas être réintégré dans la famille, il n’y pense même pas. Se pourrait-il que tu appartiennes à cette catégorie de chrétiens qui s’efforce de créer une telle relation avec Dieu ? Veux-tu être près de lui, mais sans perdre ton indépendance ? Veux-tu essayer de compenser par tes propres œuvres les dégâts causés par tes péchés? Veux-tu, pour ainsi dire, acheter ton salut ? Une telle repentance, quelle qu’en soit la profondeur omet le plus important : la compréhension que l’homme ne peut rien faire pour se libérer de son péché. Acte 4 : Le retour Jésus persiste à choquer ses auditeurs. Comment le fils sera-t-il reçu ? Deux possibilités nous sont proposées. Premièrement, le fils pouvait être excommunié de sa famille. Il s’agissait d’un rituel où toute la famille était réunie sur une place publique, puis un vase contenant des noix et du blé était renversé sur le sol pendant que tous émettaient de grands cris. C’était une façon de déclarer qu’une personne ne faisait plus partie de la famille. Deuxièmement, l’individu bénéficiait d’une période d’essai : « Acceptons-le comme employé, qu’il rembourse l’argent, observons si sa repentance est sincère, puis nous verrons ce que nous ferons de lui. » Jésus par contre, présente une troisième option qui est incroyable : le père court vers le fils et l’embrasse. Le père fait un geste inconcevable pour une personne de son rang. Il s’humilie pour éviter que son fils ne le soit. Devant cette situation le fils change de propos. Il n’est plus question de devenir un employé. Pourquoi ? Imaginez la tristesse du père. Son fils s’était présenté à lui comme un simple employé. Cela voudrait dire qu’il se considérait toujours comme un étranger. Non ! Le fils ne peut prononcer ce mot, et bafouer l’amour du père. Il comprend qu’il est accepté, tel qu’il est et que l’amour, la générosité et la grâce de son père ne peuvent être gagnés par aucun moyen au monde. C’est gratuitement que Dieu accepte le pécheur et son salut lui est offert gracieusement. Le prix est si élevé qu’aucun homme si riche soit – il ne pourrait le payer. La vraie repentance reconnaît tout cela. Nous arrivons au dernier acte qui est le plus beau. Acte 5 : Le rétablissement Le fils redevient un fils. Dans cet acte, le réhabilitation est symbolisé par trois objets : une robe, une bague et des sandales. La robe est la plus belle pièce de la garde-robe du père. Celle qu’il porte aux occasions les plus solennelles. Celle là même qui permettait qu’on le reconnaisse de loin. Elle était le symbole de son rang dans la société, de son autorité et de sa dignité. La dignité perdue du fils est recouverte par celle de son père. La bague est le symbole de l’autorité du père. La bague est le signe de son autorité. En donnant son anneau à son fils, il lui renouvelle sa confiance. Les sandales doivent le distinguer des employés de cette maison qui eux marchent pieds nus. Le fils sera un jour le maître et non un serviteur. C’est là le souhait du père. Conclusion N’est – ce pas formidable que le pécheur ait la possibilité de retourner à Dieu, de prétendre à son pardon et qu’en plus Dieu lui offre une réhabilitation complète. Dieu nous donne sa justice et sa dignité, il nous accorde une confiance complète et nous accepte comme ses enfants. Comme une cerise sur le gâteau, il organise la plus belle fête qui n’ait jamais été célébrée en notre honneur. Le paradoxe de la foi chrétienne est que même si vous avez tout perdu vous pouvez le retrouver, et ceci sans faire quoi que ce soit pour le mériter. Dans ce contexte, ce n’est pas le coupable qui est humilié, mais l’innocent. C’est un paradoxe que Jésus, au lieu de parler de l’horreur du péché, nous montre avec quelle facilité Dieu nous accepte. N’y a – t-il pas un danger ? Une telle attitude ne pourrait-elle pas encourager l’homme à pécher sans vergogne ? Cela peut paraître paradoxal, mais c’est l’immense amour de Dieu qui nous protège le mieux du péché. Il y a un lieu où vous pourrez toujours retourner après avoir péché et recommencer une vie nouvelle, avec de nouvelles forces, de nouveaux rêves et une nouvelle dignité. Qu’importe la situation dans laquelle vous pourriez vous trouver. Dîtes – vous bien qu’il vous reste encore une issue : celle de la maison. Il y a une porte qui reste toujours ouverte. Il existe un Dieu aimant prêt à vous serrez dans ses bras. Ayez le courage de retourner Département JA Guadeloupe Semaine de prière et de réflexion JA Guadeloupe COM ( 1 ) | Poster un commentaire
|
||||||||||||||||||||
Copyright ©Février 2005 www.guadadvent.org Inc. Webmaster Bergina David www.cedi971.com . |
|||||||||||||||||||||